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Dans 10 ans… quid de l’IA ?

Dernière mise à jour : 4 juil. 2023



Lancée mi-mars (après plus de 10 ans d'élaboration, rappelons-le), l'IA générative Chat GPT était valorisée à 29 Md$ début Mai et comptait 200 millions d'utilisateurs à la mi-avril. Et elle n’est pas la seule : nos réseaux sociaux ont tous été envahis par les photos d’un Donald Trump priant, du pape François en doudoune blanche ou de Macron en manif’. Car désormais, quelques mots-clés suffisent à produire des photos vraisemblables, et le niveau de réalisme atteint par des logiciels comme Midjourney monte en flèche.


Malgré les railleries et les tutos anti-fake révélant les failles de ces IA (6 doigts par-ci, manque de style littéraire par-là) personne n’est dupe : les résultats sont spectaculaires et l’adoption massive. Régis Sabbadin, chercheur en intelligence artificielle à l'Inrae, est lui-même «convaincu que l'IA générative va être à l'origine d'une nouvelle révolution industrielle qui va transformer certains métiers». Un peu comme l’ont fait le moteur à explosion ou la naissance du web.


👉 La question, c’est plutôt :

Dans 10 ans… quid de notre société avec IA ?


Les créateurs de Chat GPT ont beau faire des listes de métiers qui ne seront pas remplacés par leurs produits, regardons la réalité en face : il y a des chances que Chat GPT soit bientôt votre nouveau collègue de travail (à moins qu’il ne vous remplace carrément !)


Le 26 mars dernier, la banque Goldman Sachs a prédit qu’aux US et en Europe, pas moins des 2/3 des emplois actuels seraient « exposés à un certain degré d’automatisation ». Concrètement, on parle d’environ “300 millions d’emplois à temps plein” automatisés à travers le monde.


Certains métiers sont plus menacés que d'autres. Par exemple :

  • Les professions de l’administratif et du juridique

  • Les professions liés à la création (graphisme, rédaction, musique, photo, vidéo, développement web). Oui, beaucoup de créateurs risquent d’être déclassés au profit d’une IA moins coûteuse.

Ça va vite, ça va trop vite !!!


Le patron d'OpenAI (ChatGPT) l'a lui-même déclaré à ABCNews mi-mars : "la société a besoin de temps pour s'adapter". Avant de reconnaître être "un petit peu effrayé" par sa création (notamment dans le cas où elle serait utilisée pour de «la désinformation à grande échelle ou des cyberattaques»). Geoffrey Hinton, pionnier de l’IA sans qui des outils comme ChatGPT, Bard et Midjourney n'auraient pas vu le jour, a fait grand bruit en déclarant « regretter » son invention au moment de son départ de Google.


Évidemment, ces innovations soulèvent de nombreuses questions éthiques, sociales et économiques : doit-on automatiser tous les emplois, y compris ceux qui sont gratifiants ? Doit-on développer des esprits non humains qui pourraient un jour être plus nombreux, plus intelligents, plus obsolètes et nous remplacer ? Comment distinguer le faux du vrai ? Doit-on laisser les machines inonder nos canaux d'information de mensonges ? Quid des droits d’auteurs ? Comment compenser la perte d’emplois ?


Le problème, c’est que les avancées vont beaucoup trop vite pour que ce débat public ait lieu et qu’une régulation mondiale s’organise autour de l'IA. S’inquiétant de cette perte de contrôle, plus de 1000 universitaires et entrepreneurs ont ainsi appelé les laboratoires d’IA à une “suspension immédiate, pendant au moins 6 mois, du développement de systèmes plus puissants que GPT-4”. Une tribune signée par des monsieurs comme Elon Musk, le co-fondateur d’Apple Steve Wozniak ou encore l’historien Yuval Noah Harari. Ces derniers vont jusqu’à plaider pour que les gouvernements « interviennent et instituent un moratoire » si nécessaire.


OK. Et nous, on fait quoi ?


Bon, commençons par relativiser (un peu) : si il est indéniable que des métiers vont disparaître, la plupart ne seront que partiellement exposés. Les économistes précisent que « la plupart des emplois et des industries sont plus susceptibles d'être complétés que remplacés par l'IA». Et à priori, seulement sur les tâches les exposées à l’automatisation (rédaction, saisie de données, documentation…).


Ensuite, même si l'IA va se révéler un formidable outil, elle est loin de remplacer la créativité pure d'un artiste, la capacité à faire naitre une idée ou développer l'esprit scientifique.


En attendant ces régulations, ne restons pas les bras croisés à regarder les machines remplacer nos métiers et mettons-nous dans le bain ! D'abord, en aiguisant notre regard : les tutos anti-fake ne seront bientôt plus d’actualité, mais ils font l’affaire en attendant les réglementations. Et puis, en apprenant à utiliser ces intelligences artificielles, histoire de ne pas rapidement se retrouver complètement dépassé. Vous n’aimeriez pas être celui qui ne s’est pas motivé à utiliser un ordinateur il y a 15 ans…

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